Il convient de pointer du doigt le fonctionnement du système, un système surtout pas moral, mais là n'est pas la question. Pour ses instigateurs, il doit surtout être stable, assurer un revenu régulier et une croissance consumériste car c'est là qu'est leur bonheur. Du moins le croit-il. Pour être stable, il doit être encadré ; peu importe alors les dérives, si celles-ci sont un jour punies par un tribunal, ou si elles restent invisibles, évitant les clameurs publiques alors que dans les couloirs, les ministères, les assemblées, tout spécialiste sait bien cela. mais beaucoup préfèrent se taire, car ils y ont intérêt.
Depuis que les occidentaux avaient dépouillé les richesses minérales d'Amérique latine, les systèmes monétaires internationaux étaient surtout basés sur l'or, bien réparti entre les différentes puissances coloniales qui avait commercé avec l'Espagne. Après la Première Guerre Mondiale, de nombreux pays européens se retrouvent ruinés et dépourvus d'or. Beaucoup de monnaies ne sont donc plus convertibles. En 1922, les accords de Gênes instaurent un système d'étalon échange-or : les états peuvent alors émettre de la monnaie, non plus en contre-partie-or, mais en monnaies convertibles en or. Or, le système est instable et conduit en 1929 à une crise boursière puis bancaire qui se répand sur tout le globe sous forme de grande dépression qui prend des formes terrifiantes.
Fidèles à leurs doctrines immorales d'interventionnisme international, lesquelles visent au contrôle de la bonne marche du monde selon ce qu'ils croient juste et bon, alors qu'ils viennent de sauver ce même monde et plus particulièrement l'Europe des malheurs de la Seconde Guerre Mondiale, les états-Unis d'Amérique cherche une solution globale. Le 22 juillet 1944 sont signés les accords de Bretton Woods ; des représentants des 44 nations alliées y participent. Ces accords créent deux organismes : le Fond Monétaire International (F.M.I.) et la Banque Mondiale ; il n'y a pas d'accord immédiat autour d'un troisième sur le commerce international. Il faut attendre 1948 pour que naisse le G.A.T.T. (the "General Agreement on Tariffs and Trade" ; l'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce); il sera à la base de la création de l'Organisation Mondiale du Commerce en 1995 .
Vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale, possédant désormais 80% des réserves mondiales d'or et souhaitant éviter tout nouveau conflit ou révolution socialiste, les américains mettent en place un système monétaire qu'ils pensent solide et stable pour que leur système économique libéral puisse pleinement s'épanouir au delà de toutes les frontières et ainsi pérenniser leur mode de vie luxueux. Le commerce et la finance mondiale prennent pour référence le dollar américain : toutes les monnaies sont définies en dollar américain et seul le dollar américain est défini en or. Le F.M.I. est créé avec l'objectif de prévenir les débordements financiers des autres nations. Hors de tout contrôle, les états-Unis d'Amérique quitte la voie qu'ils ont eux-mêmes tracée en alimentant une inflation inquiétante (notamment pour entretenir leurs guerres). La République Fédérale d'Allemagne est le premier état a réclamé le remboursement en or de ses dollars américains excédentaires. Pour ne pas perdre ses réserves d'or, les états-Unis d'Amérique suspendent la convertibilité de leur monnaie en or en 1971. Les taux de changes deviennent flottants.
La spéculation sur les monnaies emporte tout. Les crises financières sont dès lors susceptibles de subvenir à tout moment puisque le monde entier se trouve à la merci des variations de la monnaie états-unienne. Et celles-ci sont fortes et souvent brutales, d'autant plus que les politiques économiques américaines sont fondées sur les valeurs keynésiennes (c'est à dire, non plus sur la valeur du travail effectué par les hommes converti en monnaie, mais sur une pure spéculation monétaire à très court terme et souvent sans fondement). Il n'y a dès lors plus que de l'illusion, un appât du gain potentiel et un rêve américain qui n'est qu'un horrible cauchemar perenne. D'autant plus que les Accords de Bretton Woods créent également la Banque Mondiale, l'organisme qui finance le développement à la sauce américaine à des conditions effroyables. Les nations du tiers monde, celles qui viennent tout juste d'obtenir ce qu'elles estiment être leur indépendance, se prostituent alors sur le trottoir de ce système économique pourri en privatisant les produits de leur industrie laborieuse et les richesses encore inexploitées de leurs sous-sols.